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Nature Humaine (amocalypse)
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Première version: 2006-09-02
Dernière version: 2007-02-15

27/08/2006 - Ma Mouclade Infernale

Sommaire de la page


La Mouclade en elle-même s'est très passée (voir le résumé de la concentre)

Le retour pour Fleur et moi s'est plutôt transformé en "la Mouclade infernale" pour reprendre l'expression de Loïc (voir sa Route d'Or 2005 infernale).
En effet, j'ai eu la bonne idée de racheter une épave de Dyane et de rallier avec Gruissan à Figeac (plus de 300 kms dans les montagnes noires et le massif central...).

Présentation de cette Dyane :
3 gros points :

Mais voyons en détail tous ces points :
De l'arrière, elle présente pas mal au début :

Mais de l'avant, les choses se gatent...


Il y a un énorme trou dans le plancher du coffre, découpé à la cisaille par le "garagiste" qui ne s'est aperçu qu'après que le réservoir se tombait de par dessous en dévissant les 4 vis...


Toujours le même garagiste, qui a arraché au sens propre du mot la fixation de capot, sans doute il croyait que ça tenait tout seul. Pour finir d'arracher il a été obligé de détruire la calandre.



La calandre et la fixation de capot ont été avantageusement remplacée par des attaches rallyes en gros caoutchouc, qui maintiennent en même temps l'aile gauche et le phare qui se cassent la gueule suite à un accrochage. Après tout pourquoi pas...

Le garagiste leur a facturé 30 euros la réparation du pot sous caisse avec du serflex et une tôle. Par contre il n'est pas arrivé a leur réparer le col de cygne, à qui il manque du coup 1 cm pour rejoindre ce pot sous caisse (sur la photo à gauche)! Pratique, le pot sous caisse ne recevant plus de gaz d'échappements, la réparation de fortune ne risque pas de lâcher!

Le garagiste toujours à retrouvé un clignotant droit qui ressemblait à peu prés, il a juste dû utiliser du scotch pour le fixer...

De même que les enjoliveurs de phares, qui eux n'ont pas tenus avec le scotch, mais entre temps on avait découvert mieux : la vis!

Tiens, un tube en carton, ça doit peut-être se mettre là?

Mais zut, qu'est-ce que je pourrais bien mettre ici du coup?

Une roue de secours posée sur le capot, élégamment protégée par de la toile cirée de nappe avec les petites fleurs, peinte à la gouache noire pour faire plus baroudeur, maintenue par une grosse tige qui passe à travers le capot via un trou agrandi à la scie. Le capot a été "formé" pour faire un logement à cette roue de secours additionnelle. Admirez l'empreinte du boulon central qui à déformé le capot vers le haut...



Résultat, un profil de capot plus trop conforme à l'origine!

On peut voir les stigmates d'une précédente tentative de fixer la roue de secours sur le coffre, mais l'idée à été abandonnée, ça doit être trop lourd...

On a eu du mal à expliquer la présence de mastic armé sur la pédale d'accélérateur. Puis on s'est rappelé que le gars était chasseur et conduisait en bottes...

Malgré les réparations de capote au mastic sanitaire blanc, ainsi que de l'aspersion d'une épaisse couche de blackson (flèche rouge indiquant l'épaisseur dans laquelle est noyée la vis de maintien, remplaçant le bouton pression d'origine), elle n'a plus rien d'étanche...

Les inévitables démontages de portière, vous vous doutez qu'au vu de ce qui précède le gars qui a fait ça l'a fait soigneusement...

Une peinture blanche de bâtiment passée au rouleau, avec débordements esthétiques sur les vitres, les pneus, etc.

La peinture beige qui l'a vue naître réapparait par endroits, de même que la rouille! Le pneu est agrémenté de flammes blanches...

Avec un beau travers de la bande noire centrale.

Les caoutchoucs passés à la peinture, c'est vrai que c'est plus joli de loin. De près ...


Admirez ces merveilleuses stalactites au bas des portières.

Mêmes les bavettes n'ont pas échappées à ce combat du blanc sur le noir. C'est fantasmagorique!

Et toujours il faut adoucir les transitions, les mélanger afin de mieux les rendre le plus progressives possibles : ici voyez comme le blanc de la jante laisse progressivement apparaitre le noir du pneu.

Au niveau des glaces de custode, on s'essaye aux zébrures, la nuance est plus tranchée, c'est soit l'un soit l'autre.


Nous attaquons maintenant notre série sur ce merveilleux produit qu'est le blackson et sur le corolaire qu'il entraine, la rouille (quoique, qui est apparu en premier, le balckson ou la rouille?). Le précédent propriétaire ayant dû récupérer un pot industriel de blackson en cours de péremption, on retrouve une couche de 3mm éclatée sous les planchers, et surtout une maniaquerie qui l'a conduit à tout passer au blackson, depuis l'échappement en sortie de culasse, le pot sous boite, etc. Le blackson à même permis l'isolation de la capote, qui en est entièrement recouverte et qui donne ce bel aspect craquelé...

Et oui, le blackson ça tient pas aux hautes températures, peut-être l'odeur venait de là?




Et pourtant, le blackson n'a pas évité à la capote de prendre l'eau!

Plancher avant gauche, c'est la blackson qui est porteur.

A cause du trou dans le pot de suspension ce côté ne veut plus bouger.

La couche de blackson est épaisse et solide, on peut lui faire confiance.

Enfin, pour finir, le réglage du siège est excellent, il suffit de pousser sur les jambes pour s'éloigner très loin du siège, jusqu'à sortir des glissières si les (pourtant faibles) freinages ne le ramenaient pas sur l'avant...

Les freins ne freinent pas, il faut pomper puis appuyer comme un malade pour commencer à décélérer... D'ailleurs ça ne pose pas de problème avec une vitesse de pointe de 40 km/h, juste avant de partir je m'apercevrais qu'un cable HT de bobine n'était pas branché (du coup plus qu'un cylindre sur 2 qui marche...), ce qui me permettra ensuite d'aller taquiner le 60 km/h.

Bref, voilà l'engin avec lequel nous nous élançâmes inconsciemment. Comme nous n'avions pas du tout prévu de ramener autre chose que la charleston, l'outillage de base se résume aux clefs plates banales...
Question contrainte de temps, la Dyane n'est plus assurée dès lundi, il faut absolument qu'elle puisse me ramener chez moi où de toute façon j'embauche à 7 h.

Une fois dedans j'ai commencé à dégriser du granache pris avec les moules sur la plage. L'insensé du voyage commence à prendre tout son sens, alors qu'on n'a même pas démarré. Mais il est trop tard pour reculer. J'y distingue mal à travers toute la crasse saline accumulée depuis 2 ans d'arrêt.
Départ de Gruissan à 19h, la dyane qui n'a pratiquement pas bougée depuis 2 ans tremble de partout, le pot d'échappement libre attire sur moi et mon CT périmé l'attention des forces de l'ordre. Très bientôt c'est l'embrayage qui hurle à la mort, dépassant en décibel les pétarades du pot sous boite. Même Fleur dans sa Charlie bien isolée phoniquement derrière n'entends plus son propre moteur... Les bonnes odeurs de CO envahissent l'habitacle, et ce malgré les petites fenêtres entrouvertes à fond. Impossible de dépasser 65, le 70 est quand même atteint au fond d'une descente effrénée. Un arrêt permettra de se rendre compte de la raison : le moyeu arrière droit est brulant, le frein est bloqué, et l'embrayage qui patine ne peut pousser titine plus vite que la résistance de l'air!

Gros moment de solitude, il est 19h30, nous n'avons parcourus que 3 kms, il reste 12 kms avant Narbonne, on a fait la route la plus belle, il nous reste une route pourrie de 300 kms derrière...
Une canette de bière en verre par terre nous sortira d'affaire concernant le frein arrière qui se bloque. Après avoir tapé sur le tambour et le répartiteur arrière un petit moment, les garnitures ont dues revenir suffisamment pour ne plus trop frotter. L'usure fera le reste. Par contre, à partir de ce moment, il me sera interdit de toucher à la pédale de frein sous peine de devoir laisser titine bloquée au bord de la route. Il n'y a qu'un feu au milieu de Carcassonne qui m'obligera à piler puis à retaper gentiment le frein arrière (traverser Carca sans freiner avec tous les feux rouges, c'est du sport!).

Donc après avoir fait quelques vérifications et éliminations (roue de secours sur capot qui empêche d'avancer avec le vent de face), la voiture ne marche guère mieux mais au moins les vibrations de suspensions s'atténuent, des éléments de suspension commencent doucement à se débloquer. Enfin, pas trop, parce qu'elle continue à virer à plat !
J'avais un peu peur des bouchons, car à la radio ils annonçaient un dernier week-end d'aout rouge de chez rouge, en plus on est sur la route principale (à part l'autoroute) reliant Toulouse au reste du monde. Mais finalement je n'ai pas rencontré de bouchons devant. Ah si, j'en voit un beau, mais c'est que je regarde dans le rétro ! Je me gare régulièrement pour laisser passer. Je dois rouler à 60 km/h maxi, 50 km/h sur le plat.
Bref, le moral revient, on envisage la possibilité que la Dyane puisse finalement arriver à la maison, même s'il est déjà 21h et que nous n'avons pas encore atteint Carcassonne. Nous nous arrêtons prendre de l'essence. Les 2 réservoirs de la charleston et de la Dyane sont à secs.
Pour la Dyane, le plein n'est qu'une formalité, il est 18h58, mais pour la Charlie, nos deux cartes bancaires resteront définitivement muettes... Le lendemain je changerai de banque, la SG m'ayant fait le coup 4 fois cette année de tomber en rade à 19 h le dimanche soir.

On décide de continuer sur la prochaine station, ça fait longtemps que la Charlie est dans le rouge. Et bien non, pour toutes les autres stations ce sera le même refus catégorique de nos cartes banquaires. Nous voici au pied de la montagne noire, avec une Charlie qui n'a plus beaucoup de réserves et qui peut nous lâcher à tout moment.
Résistants à une légitime envie de panique (!), nous faisons demi tour vers Carcassonne pour essayer de rejoindre l'autoroute.
Au moment de rentrer sur l'autoroute (sur la bretelle d'accès), je m'arrête pour essayer de siphonner quelques litres de la Dyane vers la charleston que je n'ai pas envie de voir tomber en panne de nuit dans une montée où il n'y a pas de bande d'arrêt d'urgence... (on est suffisamment dans la merde sans en rajouter).
C'est là que je m'aperçois que je n'ai plus que 5 euros en liquide (j'aurais pu m'en assurer avant me direz vous, mais à 23h30 avec une saine fatigue dans la tête c'est des choses qui arrivent!), faut que la carte marche à la station de l'autoroute...
La tension monte encore d'un cran si c'est possible, on approche du point critique : l'embrayage râle de plus en plus, le frein peut se bloquer à tout moment, les phares n'éclairent rien, ce qui est pas top pour gérer les virages et les stop sans appuyer sur le frein, uniquement en s'aidant du frein moteur qui se fait de plus en plus inexistant au fur et à mesure de l'usure de l'embrayage...
Il ne nous reste pas de quoi faire le voyage pour une seule des deuches, l'essence est donc précieuse, et c'est à la lumière tremblotante de la petite lampe de poche qu'on s'aperçoit que l'essence coule à flot de la durit d'essence de la Dyane, juste sous la pompe (l'endroit le plus inaccessible d'une deuche...) qui a choisi ce moment crucial pour rendre l'âme, n'ayant jamais connue le sans plomb précédemment.

Et pourtant nous ne cédons pas encore à la panique, on continue à y croire (c'est là qu'être à 2 est primordial, on espère toujours que l'autre aura l'idée brillante qui nous tirera du mauvais pas!) et il nous reste encore une solution, on enlève la durit en bouchant tant bien que mal la coulée d'essence (chaque essai se traduit par un demi litre par terre...), le mal est vite identifiée, la durite est toute poreuse, mais particulièrement aux 2 extrémités. Décision est prise de les couper, Fleur avec ses petits doigts parvient à emmancher le début du tuyau sur la pompe, mais ce n'est pas suffisant. En plus la canalisation d'huile à la bonne idée de se trouver juste en dessous de la sortie de la pompe. Après 3 quarts d'heures d'efforts et de découragement progressifs, des avant bras bousillés et puants l'essence, on n'a pas pu l'enfoncer plus, et on s'aperçoit que de toute façon le peu d'enfoncement à suffit à la refendiller... On recoupe plusieurs fois jusqu'à ce qu'il ne soit plus possible de relier les 2, il manque un cm pour joindre les 2 bouts de notre assemblage de canalisations d'essence rouillées...
On est donc là, sur le bord d'une voie d'accès d'autoroute, à la lumière d'une pauvre lampe, sans aucune durit de rechange, et à minuit en rase campagne pas de garagiste où quoi que ce soit. Et il faut pourtant que nous arrivions avant demain matin, sans quoi la pauvre dyane finira là où elle a échouée...
Pour couronner le tout, les étoiles disparaissent derrière de gros nuages menaçants.

On y est là, un grand moment de solitude...

Mais comme toujours à la fin du film, tout se finit bien, rassurez vous!
Vomito appelle alors à ce moment là, suite à l'appel de Fleur un peu plus tôt. Muni de l'APUA help du forum de la deuche, il nous donne le téléphone de Daniel Stricker. Malgré l'heure tardive, nous appelons quand même, c'est notre dernière bouée de sauvetage. Celui ci se montre très gentil malgré le réveil téléphonique à 1h du mat alors que la mère de sa femme est au plus mal (encore désolé Daniel...), et nous propose de se retrouver à la station d'essence de son village. Quelques litres siphonnés permettent à la charly de parcourir les 10 kms (après une marche arrière folklorique sur la rampe d'accès à l'autoroute), même si un instant de panique nous envahit à nouveau quand nous nous retrouvons incapables de retrouver la station, le chemin n'étant pas le même à l'aller et au retour. Enfin nous y arrivons, et quel ne fut pas notre soulagement de voir la silhouette familière de Daniel qui nous fait des signes de la main. Très vite il nous dépanne d'une durit neuve, nous remplit le réservoir de la deuche plus un bidon de réserve de 10 l, et nous invite même à dormir chez lui pour la nuit. La tension nerveuse a été telle qu'une telle proposition est bien tentante, mais il nous faut rentrer à tout prix. Nous quittons Daniel trop rapidement sans trop pouvoir lui exprimer toute notre gratitude! Merci encore Daniel d'avoir répondu présent dans la nuit, tu nous a vraiment tiré d'un mauvais pas!

Une fois la durit neuve en main, tout va très vite. Une durite neuve ça s'enfonce comme dans du beurre dans l'entrée d'une pompe à essence. Tout de suite on n'a plus peur qu'au bout de 5 km la durit ne s'autodétruise d'elle même en foutant le feu à la voiture.
Il est 1 h30 du matin, nous repartons, toujours la Dyane devant. Les vapeurs d'échappement, la fatigue commencent à se faire sentir. A 40 ou 50 km/h, les kilomètres s'engrènent lentement, très lentement. Il est 4 h du matin quand la pluie s'abat sur les titines. Une des dernières fantaisie de la Dyane se manifeste : il n'y a plus de caoutchouc sur les balais d'essuie-glace, et une fois lancés ceux-ci ne veulent plus s'arrêter. Je vous laisse imaginer une conduite sans frein, sans frein moteur (embrayage mort), en devant couper le moteur thermique pour faire arrêter ces satanés essuie-glaces. La dernière descente (celle des films où on sabote les freins du héros, avec pleins de virages en épingles) sera fatale à l'embrayage, et le frein à main qui n'était que symbolique au début du voyage se montre un peu juste pour ralentir suffisamment dans les virages en épingle sous la pluie avec un gros camions qui resserre encore plus le virage...
Mais c'est passé finalement passé comme tous les virages de cette nuit, plus que limites, sans compter les nombreux demi-tours pour cause de stop manqués à cause des mauvais phares ou de ralentissement insuffisant pour prendre la bonne direction.
Heureusement, pendant tout le trajet la 2cv de Fleur m'apportera un grand réconfort en me suivant comme ma bonne étoile.
6h30, ça y est, la Dyane est garée en bas de l'immeuble, après 12 heures de route! Je m'accorderais les 10 minutes de rasage matinal pour dormir un peu à la place avant de reprendre le boulot. Il me reste à passer le CT pour l'immatriculation de la Dyane, mais elle est contente de se retrouver au milieu de la petite basse cour au pied de l'immeuble, entre la 2cv et la méhari!

à suivre...


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